Sciences Humaines

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  • Une langue meurt quand elle n'a plus de locuteurs ou qu'elle est évincée sur le marché linguistique (Bourdieu, 1982) par une autre langue. Il existe toujours un rapport entre une langue et la communauté culturelle dans laquelle elle évolue. Quand une langue disparaît, la cause première réside dans la décision de ses locuteurs de cesser de la parler ou de la transmettre. Ce sont des facteurs sociaux, économiques, psychologiques qui en constituent les causes fondamentales...

  • La perception du Semblable et de l'Autre différent évolue suivant les époques, influencée par des phénomènes politiques, sociaux, culturels et religieux. Quant au racisme, il sévit partout, pas seulement dans les partis d'extrême droite qui en font commerce. Il persiste malgré les grands progrès pour l'éradiquer.
    Ici, il sera traité en Noir et Blanc.
    Ici, contrairement aux notes de musique, une Noire = une Blanche, une Blanche égale une Noire !...
    Le présent travail est le fruit d'une collaboration entre deux Genevoises, l'une d'origine franco-antillaise, l'autre italienne, ayant chacune vécu, subi les méfaits d'un racisme ordinaire, plus pernicieux encore que le rejet ou la xénophobie ouvertement déclarés, puisqu'on y avance en baissant la garde. Deux femmes d'aujourd'hui interpellées, pour ne pas dire inquiétées par ce cancer aussi vieux que l'humanité, - qui réapparaît régulièrement comme le chiendent malgré les nombreux massacres et les innombrables destructions dont il a souvent été la cause - , ont décidé de se pencher sur ce fléau pour tenter d'en analyser les origines et les manifestations.
    Après un bref survol de la mise en esclavage d'Africains pendant quatre siècles aux Antilles, source d'un racisme lié à la couleur de peau, des exemples et des témoignages mettront en lumière ses répercussions et les relations qu'il entretient avec des catégories telles que les stéréotypes, la xénophobie et la discrimination.

  • Que nous révèlent les représentations des mémoires caribéennes dans les romans The Polished Hoe et More d'Austin Clarke, The Swinging Bridge de Ramabai Espinet, What We All Long For de Dionne Brand et Soucouyant de David Chariandy, publiés au Canada durant la décennie 2000 ? L'auteur démontre que les recompositions mémorielles à l'oeuvre dans ces textes construisent une conscience historique des Caribéens du Canada et dessinent les contours d'une identité caribéenne canadienne anglophone.

  • Voici l'histoire de ces milliers d'Américains qui, jusque dans les années 1950 et la révolution des Droits civiques, étaient légalement Noirs - parce qu'ils avaient « une goutte de sang noir » - mais qui ressemblaient suffisamment à des Blancs, pour se considérer et se faire passer pour Blancs.
    Ce passage pouvait être ponctuel, lorsque, par exemple, il permettait de fuir l'esclavage et de leurrer les chasseurs d'esclaves fugitifs ou lorsqu'il permettait aux intéressés d'accéder à des services (établissements scolaires et universitaires, transports, commerces, hôtels, plages) réservés aux Blancs.
    Ce passage pouvait par ailleurs être définitif tout en étant absolu ou relatif selon que celui qui avait « passé » définitivement Blanc coupait résolument les ponts avec les Noirs ou menait deux existences raciales radicalement séparées l'une de l'autre.
    La résurgence des supprémacistes blancs américains à laquelle nous assistons fait de ce livre une redoutable plongée en abyme.

  • La France, avec un f minuscule comme Guy Hocquenghem l'écrit dans son essai à charge, c'est la France de ceux qui sont persuadés qu'elle est ou a été la meilleure en tout ; dans sa langue, sa littérature, sa cuisine, etc.
    Pour mieux rejeter cette France-là, l'auteur se livre à un véritable jeu de massacre intellectuel et choisit l'éloge de l'autre, du métis, de l'étranger. À la manière d'un Genet, en « ennemi intérieur », il renie en bloc la francité pour devenir le métis dont il affectionne la liberté d'être et de penser.
    À mille lieues des contempteurs nostalgiques, Guy Hocquenghem dynamite le système, souvent avec une certaine injustice, pour faire l'éloge d'un métissage dont il affirme qu'il sera une chance pour le vieux pays qui est le sien.

  • Nègre. Noir. Homme de couleur. Afro-américain. Lorsque l'on évoque une nationalité étrangère ou une minorité locale, les mots sont tellement galvaudés qu'ils ne peuvent être utilisés qu'avec précaution pour éviter tout sous-entendu. L'auteur étudie la façon dont les blancs ont représenté les noirs dans le monde de la bande dessinée depuis sa naissance et en montre les implications. Ce n'est qu'en identifiant, en étudiant et en dénonçant le racisme du passé que nous pouvons dénoncer et combattre celui d'aujourd'hui.

  • "Après les déclarations de Nadine Morano sur ""la France, pays de race blanche"", Jean Bernabé analyse l identitarisme : les tenants résolus de cette idéologie et leurs adversaires utilisent le mot ""identité"" de manière inadéquate qui concerne l individu en tant que personne, et non les groupes humains. Ambigu, le terme ""identité"" appliqué aux peuples confère une immutabilité contestée par l histoire. Il devrait être remplacé par le terme ""spécificité"". Et au-delà de cette substitution, il faudrait être plus attentif contre de telles dérives."

  • Aujourd'hui, la Martinique se trouve dans une dépendance économique et sociale. L'Afro-Martiniquais se trouve partagé entre le contexte franco-européen et le milieu afro-antillais. Cette contradiction émane aussi de situations de confrontation, d'où se dégage souvent un ressenti de "fatalité", voire de "malédiction", entraînant "un sentiment de culpabilité collective", celui d'oser défier l'ordre social en place. Cette recherche vise à analyser le dilemme de la dépendance à partir de l'énoncé des malédictions, puis des considérations historiques, suivies d'une perspective psychanalytique.

  • Cet ouvrage poursuit deux objectifs. D'une part analyser l'image du « Noir » et son évolution dans l'imaginaire cinématographique français depuis un siècle. D'autre part, mettre en lumière la présence des Noirs et Métisses dans le cinéma hexagonal depuis les premières vues des frères Lumière jusqu'au triomphe d'Intouchables, en évoquant notamment les rôles interprétés par Josephine Baker, Habib Benglia, Darling Légitimus, Robert Liensol, Isaac de Bankolé, Firmine Richard, Jacques Martial, Alex Descas, Mouss Diouf, Aïssa Maïga, Edouard Montoute, Stomy Bugsy, Eriq Ebouaney, Joeystarr ou Omar Sy. Ce livre consacre par ailleurs un chapitre au « cinéma noir français » pour essayer de comprendre pourquoi et comment s'est constitué un cinéma identitaire, pour ne pas dire communautaire, réalisé par des cinéastes afro-ascendants depuis une trentaine d'années. Un dictionnaire regroupant les principaux acteurs et réalisateurs concernés parachève ce projet.

  • Publiées entre 2011 et 2016 dans le quotidien ivoirien Fraternité Matin, ces chroniques, libres de ton, présentent l'actualité de la Côte d'Ivoire, de l'Afrique et du monde. Les premières soulèvent les questions de réconciliation, de justice, du devenir des partisans de Laurent Gbagbo et du redémarrage économique du pays ; les suivantes mettent l'accent sur les promesses du Président de la République, Allassane Ouattara : l'émergence de la Côte d'Ivoire et de l'Ivoirien Nouveau d'ici 2020.
    Mais qu'en est-il vraiment ? Si l'auteur encourage ses compatriotes dans cette voie, il dénonce aussi avec vigueur et finesse les « nègreries » comme on dit là-bas, vieux travers encore bien vivants que sont la tricherie, la croyance en la sorcellerie, le goût effréné pour l'argent, la saleté, le désordre, l'indifférence aux monuments historiques... La liste est longue et largement partagée dans de nombreux pays du monde. Alors, autant appuyer là où cela fait mal en utilisant les meilleures armes : ironie, humour et tendresse.

  • Peuple tissé en archipel, les Guadeloupéens partagent un destin issu des bouleversements d'une histoire comptable d'inhumanité et d'humanité :
    La traite, l'esclavage, la colonisation, la départementalisation, les résistances à l'inexorable. Qu'en est-il aujourd'hui de ce grand charivari de l'histoire ? Ici où tant d'autres peuples sont venus rejoindre les premiers Amérindiens : Européens, Africains, Indiens, Syro-Libanais, diasporas caribéenne, haïtienne et dominicaine.
    « Les îles de Guadeloupe » : un archipel où la nature gouverne bien plus sûrement que les hommes, sur cet arc antillais, tellurique, cyclonique, volcanique, à l'étroit entre océan Atlantique et mer des Caraïbes.
    Peuple planté entre son ici-dans, la Fwans au loin et tous les autres là-bas, les Guadeloupéens sont porteurs d'une richesse culturelle exceptionnelle qui rayonne dans et par le monde entier à travers littérature, oraliture, musiques et art de vivre créole. Un bilinguisme où le français et le créole se doucinent et se heurtent avec loqans et vitalité.
    Ici, des parcours singuliers se racontent, se livrent, se distinguent, se reconnaissent avec un sens inouï de l'équilibre dans tous les déséquilibres, en leurs femmes piliers, potomitan, en leur jardin créole, en leur désirs de s'affirmer, en Peyi, en mémoire et en actes, tels qu'en eux-mêmes. Aucune éternité ne les fige.

  • «  Trois jeunes femmes étaient assises, non loin de moi, dans un restaurant. L'une a dit: "Je n'ai jamais couché avec un...enfin tu vois...un Jaune". "Moi, c'est avec un Noir que je n'ai jamais couché" a dit la seconde. "Faut dire qu'ils sont équipés!" a renchéri la troisième, "Les Noires, elles, elles peuvent, elles ont des grands vagins." "Ah bon?" a dit la seconde. "Bah, oui, c'est comme pour les femmes... enfin... les Asiatiques, elles ont des sexes plus courts, c'est prévu pour." Ce jour-là, j'ai donc appris que, comme toutes les Noires, j'avais un grand sexe.
    Oui, mais qu'est-ce qu'une Noire?
    J'essaie de me souvenir du temps où je n'étais pas Noire, mais seulement noire, sans majuscule. Un adjectif, pas un nom. Une simple couleur. Je passe en revue les souvenirs, la cité, l'école, les premiers boulots...Mais dans toutes ces images, je suis déjà Noire.
    Alors, qu'est-ce qu'une Noire? D'ailleurs, est-ce que ça existe?
    Et si les Noirs (et tous ceux dont on peut parler en ayant l'illusion qu'en mettant une majuscule on a tout dit d'eux) n'existaient pas?  »     T. de M.

  • Le vote ou la révolte

    Malcolm X

    Le 3 avril 1964 à Cleveland, Ohio (USA), quelques semaines après avoir quitté la Nation de l' Islam, Malcolm X tient un discours retentissant, Le vote ou la révolte. Malcolm X y consacre sa nouvelle position en faveur du peuple Noir aux Etats-Unis d'Amérique. Il promeut, par opposition à la Nation de l' Islam, l' union des Noirs Américains au-delà des religions, dans une lutte commune visant la jouissance de leurs droits civiques, politiques, mais aussi économiques et sociaux.
    En la grande année électorale de 1964, Malcolm X présente le vote comme une arme adaptée aux problématiques des Afroaméricains et l' occasion d' élire des représentants soucieux de leur condition. Il n' exclut au demeurant pas la révolte du peuple noir, présentée comme mécanisme d' auto-défense, mais significative de la résolution de ne plus « tendre l' autre joue ».
    L' heure est à la détermination.

  • L'oeuvre de Frantz Fanon, psychiatre et militant anticolonialiste prématurément disparu en 1961 à l'âge de trente-six ans, a marqué depuis lors des générations d'anticolonialistes, d'activistes des droits civiques et d'intellectuels spécialistes des études postcoloniales. Depuis la publication de ses livres (Peau noire, masques blancs, 1952 ; L'An V de la révolution algérienne, 1959 ; Les Damnés de la terre, 1961), on savait que nombre de ses écrits restaient inédits ou inaccessibles. En particulier ses écrits psychiatriques, dont ceux consacrés à l'« aliénation colonialiste vue au travers des maladies mentales » (selon les mots de l'éditeur François Maspero dans sa préface à Pour la révolution africaine, recueil posthume de Fanon publié en 1964). Ce matériel constitue le coeur du présent volume de textes inédits, établi et présenté à la suite d'un long et difficile travail de collecte par Jean Khalfa et Robert Young.

    Le lecteur y trouvera les articles scientifiques publiés par Fanon, seul ou en collaboration, sa thèse de psychiatrie, ainsi que certains documents annexes et une sélection de textes publiés dans le journal intérieur du pavillon dont Fanon avait la charge à l'Hôpital de Blida-Joinville de 1953 à 1956. On y trouvera également deux de ses pièces de théâtre écrites à Lyon durant ses études de médecine (L'oeil se noie et Les Mains parallèles), la correspondance qui a pu être retrouvée ainsi que certains textes publiés dans El Moudjahid après 1958, non repris dans Pour la révolution africaine.

    La parution de ces Écrits constitue un véritable événement éditorial, par le nouveau regard qu'ils permettent de porter sur la pensée de Fanon autant que par leur portée toujours actuelle, dans le champ psychiatrique comme dans le champ politique.

    Édition établie et présentée par Jean Khalfa et Robert Young.

  • Histoire à vingt voix de l'Institution Educative à la Martinique des origines à nos jours, cet ensemble se propose d'installer dans la mémoire collective, aux côtés de la lutte de l'esclave pour sa libération, sa lutte tout aussi passionnée pour l'accession au savoir, cette "terre des gens sans terre", qui devait faire de lui l'égal du maître et l'artisan de son destin ; de fixer pour demain par un témoignage collectif daté, le sentiment martiniquais sur son école, à un moment de son histoire mouvementée.

  • Dans le Tome 1, des informations nouvelles sont apportées sur l'origine des esclaves qui ont peuplé les Antilles francophones. Une approche africaniste du créole est entreprise et l'auteur définit une aire culturelle afro-caraïbe.
    Le Tome 2 répond plus précisément au souhait, exprimé par Aimé Césaire pour son peuple, d' "une utopie refondatrice". L'auteur nous invite au rêve avec l'épopée de l'empereur malien Abu Bakari, qui fit la traversée de l'Atlantique au XVIe siècle. L'ouvrage se termine par une énumération des Noirs qui ont contribué à l'avancée de la science.

  • Quelque chose de grave se passe en Haïti. Les activités de débauche sexuelle impliquant des mineurs s'y multiplient. La jeunesse est désorientée, dépravée et sans limites. L'immoralité et la déviance sociale deviennent la règle. C'est le phénomène zokiki qui fait rage dans cette Haïti déjà en proie à toutes sortes de calamités. C'est le règne de la pédophilie, du « tout est permis » ou du toulèbagay. C'est l'ère d'une jeunesse sans repères éthiques et moraux. C'est l'échec des institutions fondatrices de la société. La situation est alarmante, l'avenir du pays est menacé. L'heure est à l'action. À travers une démarche très pointue, Wisnique Panier offre au public un diagnostic général du phénomène zokiki en retraçant, entre autres, ses origines, ses causes et ses conséquences sur le pays.

  • L'oeuvre dramaturgique d'Aimé Césaire (1913-2008) tient en une trilogie (à laquelle on peut ajouter Et les Chiens se taisent, son premier essai d'écriture scénique, qu'il désignait sous le terme d'oratorio). Mais il est parvenu, en faisant une moisson inégalée d'images flamboyantes, à exposer dans ces trois textes les moments primordiaux de l'histoire du peuple noir : la libération de l'esclavage et un pays à créer dans La Tragédie du roi Christophe, la difficile accession à l'indépendance et le caractère impitoyable du néo-colonialisme dans Une Saison au Congo et la réalité du racisme et de la ségrégation dans Une Tempête. Cette trilogie constitue comme la tête de lecture de l'oeuvre entière de Césaire en permettant d'interpréter à leur juste valeur les autres textes majeurs - d'une indéniable théâtralité - tels que Cahier d'un retour au pays natal ou Discours sur le colonialisme. Elle se présente surtout comme « la poésie mise à la portée du peuple », selon le voeu de l'auteur. Ce livre s'efforce de mettre en évidence l'étonnante actualité, à portée universelle, de ces démonstrations qui sont comme autant de témoignages toujours à méditer.

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